LA GRAPHOTHÉRAPIE
Savoir écrire n’est pas instinctif, cela demande du temps et de la patience.
La fatigue, le stress, nos états d’âme, nos humeurs et d’autres troubles peuvent altérer notre écriture, la rendre plus lente, plus douloureuse ou moins lisible. Cela peut créer des situations d’inconfort, de perte de confiance, voire d’échec.
Les réflexes primitifs peuvent venir également gêner ou entraver la psychomotricité. Ce sont des mouvements automatiques et involontaires qui surviennent après un stimulus sensoriel ou moteur. Non intégrés, ils peuvent avoir un impact sur l’apprentissage, la cognition, le comportement, la posture…
Écrire à la main reste important pour stimuler nos fonctions cognitives, favoriser les apprentissages et la lecture. Cela nous permet également de laisser une trace de nous.
Le rôle de soutien est essentiel : conseiller sur la posture, sur les gestes ; donner des stratégies pour avoir moins mal, pour être un peu plus rapide ; suivre les progrès, encourager et redonner confiance, dans une ambiance détendue et ludique.
À tous âges, avec de la motivation et de la régularité, sans pression, on peut améliorer son écriture, réapprendre à écrire à la main avec plus d’aisance.
Si au bout de plusieurs séances, les progrès ne sont pas convaincants, il ne faut pas hésiter à consulter un-une autre praticien-ne. La graphothérapie est une cothérapie, cela vaut la peine de tenter une autre approche, ou une autre spécialité – ergothérapie, art-thérapie…
Laisser une trace,
avec aisance et plaisir,
où que l’on soit.
MIEUX COMPRENDRE LA DYSGRAPHIE
Une écriture problématique n’est pas nécessairement dysgraphique et réciproquement. La dysgraphie c’est l’ensemble des difficultés à accomplir les gestes particuliers de l’écriture, à les automatiser, c’est-à-dire les faire sans y penser.
Ce n’est pas un problème psychologique. C’est un trouble de transcription du langage, un trouble d’apprentissage de la catégorie des expressions écrites. La dysgraphie est un effet secondaire d’un autre trouble ( trouble visuel, moteur, neurologique ; trouble des apprentissages ; précocité ; mauvais apprentissage…)
Quels sont les signaux d’alerte ?
- Le refus d’écrire de la part de l’enfant.
- La lenteur : quand une personne a une écriture trop lente, elle ne peut pas suivre et cela peut devenir problématique.
- L’écriture est difficilement lisible.
- Les douleurs : normalement, écrire ne fait pas mal. Quand on a mal, on ne va pas avoir envie d’écrire, on va écrire moins vite ou au contraire plus vite pour s’en débarrasser, et l’écriture va être moins précise ou cabossée par exemple.
- L’écriture change soudainement : c’est un signe de traumatisme ou de mal-être, même minime.
Les bonnes questions à se poser
- Est-ce une simple gêne ?
Est-ce que l’enfant ressent une difficulté ? - Est-ce que le trouble est durable ou handicapant ? Y a–t-il une conséquence sur les apprentissages ?
- La difficulté évolue-t-elle ?
L’écart avec les autres s’accroît ou se réduit ? - Comment va l’enfant ?
- Quelles sont les conséquences pour le futur de la personne ?
ÉTABLIR UN DIAGNOSTIC
La dysgraphie est un diagnostic complexe à poser qui fait intervenir une équipe pluridisciplinaire chapeautée par un pédiatre ou un neuropédiatre.
Plusieurs spécialistes peuvent intervenir pour aider à déceler le trouble :
– Ophtalmologiste (problème de vue ?)
– ORL (problème d’audition ?)
– Orthoptiste (problème neurovisuel ? Comment les yeux de l’enfant se déplacent)
– Orthophoniste (problème de langage ou apprentissage ?)
– Psychomotricien (problème psychomoteur ?)
– Ergothérapeute (évaluation de l’utilisation des outils ?)
– Psychologue (test de Qi ?)
– Neuropsychologue (tests d’attention ?)
LES DIFFÉRENTS types de dysgraphies
DYSGRAPHIE RAIDE
Aspect anguleux très caractéristique, forte pression dans l’écriture, saccades (changement brusque de direction entre deux lettres allant dans le même sens).
DYSGRAPHIE MOLLE
Formes peu précises ou trop ondulantes, tracés irréguliers avec zones mal différenciées, mauvaise gestion de la page, variations d’inclinaison.
DYSGRAPHIE IMPULSIVE
Manque de contrôle, volontaire ou involontaire, écriture rapide (trop rapide), parfois saccadée, écriture précipitée de mauvaise qualité.
DYSGRAPHIE MALADROITE
Difficultés grapho-motrices importantes, écriture irrégulière, grosse et petite, nombreuses interruptions dans le tracé, mauvaise tenue de ligne, mauvaise gestion de l’espace sur la feuille, espaces irréguliers…
DYSGRAPHIE LENTE ET PRÉCISE
Écriture jolie ou d’aspect calligraphique, lenteur importante, trop d’attachement à la forme, souci de la mise en page.
